Ces 3 balles sont celles avec quoi tout un chacun jongle tous les jours, et, si nous relativisons un peu les choses, tout un chacun n'a pas le même sens des principes, la même volonté de profiter de la vie, ni les mêmes réactions face à un danger mortel. Voilà tout ce qui fait les différences d'opinion, les disputes violentes et les ententes méta-physico-chimique. Voilà la vraie raison de l'existence des malade mentaux et des génies, des croyants et des athées, des monstres et des héros.
Je dis que tout est finalement question de dosage, et qu'un gréviste de la faim a tourné à fond son bouton "instinct de conscience" et remis à zéro les deux autres, au moins pour un moment.
Nous avons tous un certain penchant pour l'un ou l'autre des instincts. Nous avons tous en nous un certain déséquilibre qui fait que nous sommes ce que nous sommes. Conscients ou pas, volontairement ou pas. Mais ce déséquilibre est encore plus marqué dans l'esprit des grands esprits.
Ainsi, Ghandi a définitivement laissé l'instinct de conscience prendre le pas sur sa propre survie, nous donnant une incroyable leçon de sacrifice de soi. Baudelaire lui a plutôt privilégié les joies de la vie et a donc produit des ½uvres que seul lui, conscient de la vie, pouvait écrire. Concernant le dernier instinct, nous en sommes tous doté à très forte dose. Demandez vous seulement si vous auriez autant envie de fumer dans une salle de torture. Ou est-ce que vous seriez aussi loyal envers une autorité que vous reconnaissez comme légitime si elle venez à vous condamner injustement.