En pause

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# Posté le lundi 15 décembre 2008 15:26

Coca Cola Muslim

Voilà, un petit lien trouvé sur facebook, posté par un ami, et une vidéo qui ne manque pas d'originalité.

Mon prochain article sera l'analyse de cette vidéo, par manque de temps, je l'écrirai plus tard. Enjoy, et essayez de terminer la vidéo même si elle est un peu longue ...


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# Posté le vendredi 12 décembre 2008 08:12

Le bonheur est dans le pré

Je suis arrivé à bon port. Je n'ai pas envie de me lever. Le ciel semble s'être mis sur son 31, et on le voyait tellement mieux de là haut. Mains sur les poches, les poches remplis de billet imprimé, carte d'embarquement, ticket de numéro de bagage, passeport, carte de séjour ... Je me tâte et fais attention à ne rien oublier dans cette machine volante. Le sandwich que j'ai ingurgité plutôt n'est pas passé, et dire qu'il m'a coûté 5 euros... Low Cost ils ont dit. Les hôtesses de l'air ont aussi l'air d'être Low Cost, mini-sourire à mini-cout. Il n'y a que leurs mini-jupes qui semblent plus longues. « Au revoir, à bientôt sur nos lignes ». Je me dis que ce sera là les seuls mots en français que j'entendrais avant bien longtemps. Je l'espère tout du moins. Je descends, retire des couronnes du ATM et prend le bus pour la ville. Je me renseigne auprès du conducteur, et m'aperçois qu'il parle un anglais parfait. La ville est à plusieurs bornes d'ici, le trajet durera 40 minutes. Je ne m'inquiète pas de la correspondance, le réseau de transport public de Göteborg (à prononcer « Yotebori ») est parmi les plus denses d'Europe. Une quinzaines de chansons joués sur mon I-Pod plus tard, je consomme les marches qui me séparent de la chaussée et respire un bon coup d'air froid. Ça commence...

C'est terminé... je suis enfin chez moi après 9 mois de pures souffrances. Une vingtaine de nuits blanches, accompagnés d'une centaine de paquets de cigarettes chers payés partis en fumée. Mais c'est fini, plus d'insomnie, plus de solitude, plus de nuits à passer sur les sofas de la salle détente, havre de paix pour âme troublée. Un sanctuaire, un temple, une pause. Je foule les marches de l'avion et me demande s'il va falloir faire la distance qui nous sépare de l'aéroport à pied. Vraisemblablement, il faudra juste faire attention à ne pas se faire écraser par un de ces tas d'acier qui se prennent pour des plumes. Police et douane, même rituel. Passeport, blagues sur mes nom et prénom avalées avec le sourire le plus large, récit d'un cousin qui s'est lancé dans le même domaine que moi, bagages et « Rien à Déclarer !». Je me dis que si mes parents oublient que j'arrive, il s'en sera fait de ma personne, aussi fatalement que le jour où je suis sorti du ventre ma mère, seul au monde. Marrakech (à prononcer « mourr-kouch », qui veut dire passe si tu veux, mais un petit conseil, surtout ne t'y attarde pas)... Peur stupide, paranoïa absurde, phobie inexplicable, ils sont là, ils sont toujours là.

Je ne sais pas pourquoi j'ai décidé de partir. Je me retrouve dans la même situation qu'à Lyon, atrocement seul, devant mon ordinateur. C'est incroyable la sensation de vide que l'on ressent lorsque, après avoir rit d'une blague faite par un ami sur internet, on se rend compte que personne ne peut voire ce sourire sur vos lèvres. Exercez-vous à cela, en l'appliquant aux larmes, aux rictus coléreux et aux tics-tocs révélateurs et vous vous guérirez de toute expression faciale, volontaire ou pas. Bref, j'avais perdu le sens de la sociabilité, et paradoxalement je passais ma vie sur des réseaux sociaux. C'est peut-être à un de ces moments-là que je décidais de m'en aller, et de postuler à un échange académique, direction la Suède. La mort aurait tellement à apprendre de la Suède. Ici, ni ressentiment, ni bagarres. Les manifestations se font rares et les rues sont désertées la nuit. La beauté des filles devient banales, les retards des bus inimaginables. La normalité perd de sa raison, et la raison y est là bas complètement inutile. Même le soleil sait qu'il faut laisser à ces gens là leur intimité, et la lune sait que sa lueur ne traversera de toute façon pas les volets déjà baissés. Je sors de mes pensées, et regarde par la fenêtre, je baisse les volets, et rouvre mon ordinateur. Il fait trop froid pour s'aventurer dehors.

Rentrer, mais pourquoi faire ? On crève de chaud à l'intérieur, et il y a bien longtemps que je n'ai pas senti le gravier se faufiler entre mon talon et ma babouche. Mmm, quel pur bonheur de retrouver les nuits chaudes, les balades nocturnes m'ont toujours manquées, et le son des chiens au loin aussi. Je risque de rencontrer une meute de ses chiens là au détour d'un de ces chantiers éternellement en construction. Les rondes des « Mroud » ne me rassurent qu'à moitié, on est vite happé par l'appétit de l'un d'entre eux. J'allume ma cigarette en essayant de me remémorer toutes les filiations, amitiés ou connaissances de « Dar » avec les gens du quartier. J'évite soigneusement le regard des voisins, celui de leur gardien, et surtout et toujours « Moul lpissri ». La première bouffée me met déjà KO, il est vrai que ça fait plus de 5 heures déjà que je n'ai pas abreuvé mon corps de ce délicieux poison enrobé. La nuit est longue, la lune est belle, les étoiles éclatantes. Je me demande laquelle est le petit losange que je remarque à chaque fois. Un cerf-volant tout bêtement ? Certains y voient des ours, des scorpions, ou même des licornes. Le monde est fait de telle sorte que l'on puisse rêver, alors je rêve de pouvoir fumer tranquillement assis devant un film.

Les suédois sont ingénieux. Pour s'adapter au froid, ils ont réinventé le tabac à chiquer, globalement c'est du tabac que tu mets sous la lèvre supérieur juste sur la gencive. C'est fort, piquant mais très utile dans un pays où il est bien sur interdit de fumer dans les lieux publiques. En plein amphi, on m'en offre un. Je le prends et essaie de voir le temps qu'il faut laisser au tabac pour s'épuiser avant de le jeter, histoire de ne pas paraitre trop novice. Ces suédois ont aussi remarqué qu'au-delà de 45 minutes, l'attention des étudiants est souvent proche de zéro. De fait, il y a pause toutes les 45 minutes. C'est con, mais fallait le faire. Et ce n'est pas en France qu'ils iraient toucher aux nombres d'heures de cours, déjà qu'ils ont du mal rien qu'avec les heures de boulot. Je décide de sortir fumer ma petite clope, malgré le gout désagréable de tabac dans ma bouche. Des portes qui s'ouvrent automatiquement, des murs en briques rouges ou jaunes et surtout des poubelles et cendriers tous les 5 mètres. Agréable malgré le froid. Le seul problème que l'on peut rencontrer dans ses contrées est la difficulté à allumer un briquet. Le vent du Nord est coriace, lui qui doit bien rigoler au vu de tous ces gens qui s'acharnent à se battre dans le seul but de s'asphyxier. Un cadre donc des plus agréables, une ville champêtre, des gens certes timides mais généralement aussi intimidés. Je ne dis plus « Hey » mais « Hej », plus « Thanks » mais « tack » et mon cerveau s'est petit à petit mis en mode veille surement par manque de travail mais aussi par manque de phénomène contradictoires à analyser...

Les gens préfèrent se blottir derrière des murs plutôt que de voir la réalité en face. Des murs bétonnés, moches, mais assez épais pour cacher les hontes les plus profondes, les désillusions naissantes. Je suis rentré chez moi à l'occasion du Aid al Adha (i.e. la fête du mouton). Une fête célébrant le prophète Abraham qui, après une révélation de Dieu de ne pas tuer son fils (2e révélation, car la première était justement d'égorger son fils pour la gloire de Dieu), se vit offrir un mouton à égorger à la place. Pour moi, cette fête est aussi un rappel à l'ordre. Car voyez-vous, l'Homme moderne a depuis longtemps oublié qu'avant de manger il fallait tuer. Egorger un mouton chez soi n'est qu'un retour aux sources. Prochaine étape, une course poursuite derrière l'animal symbolisant la chasse. Quel est mon étonnement lorsque j'entends de plus en plus de personnes dites modernes qualifier cette expérience de traumatisante, d'effrayante ou de carrément inhumaine. Personnes qui sont, vous l'avez compris totalement et complètement carnivores. Généralement, cette fête se passe chez mes grands parents. Chacun apporte sa victime. Le plus effrayant est la quantité de travail demandé pour designer (tfassel) chaque mouton. Ça c'est de la torture (pour les femmes bien sûr). Une torture qui n'est adoucit que par le rassemblement familial, et cette ambiance bon enfant.
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# Posté le mardi 09 décembre 2008 07:07

The Truth About THEM ...

The Truth About THEM ...
Il est de ces cultures qui ne cessent de titiller les fantasmes de chacun.

Les démocrates rêvent d'une terre de majorité, les droitsdelhommistes une terre où les femmes ont le droit de se (dé)vêtir légèrement même pendant l'hiver, les pervers une terre blonde à forte poitrine, les écologistes une terre où même les déchets nucléaires se recyclent en ferments naturels, les voituristes une terre sans sentiers, les racailles une terre sans police, les voleurs une terre de confiance et les émigrés une terre sans Charters.

Tout cela où presque existe et est réuni dans un seul pays. La suède, où le pays des riches déprimés.

P.D (petite désillusion) : Il est vrai que cette culture est bien différente de la nôtre, mais ne jugeons pas des femmes qui pissent et crachent dans la rue, ni des hommes qui ont oublié (par manque d'habitude sans doute) leur virilité je ne sais où, ni de l'énorme quantité de VOLVO qui roulent sur une ribambelles de suicidés (je sais je suis cruel). Mais surtout, last but not least, je ne peux pas vivre sans le risque de chopper un méchant cancer de la peau dès l'âge de 25 ans, parce qu'il n'y a que 5 h de soleil (embrouillardé biensur) par jour. Vive Marrakech !! et tant pis pour tous ceux qui sont cités au-dessus.
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# Posté le lundi 08 décembre 2008 16:09

Gustave Parking

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# Posté le lundi 08 décembre 2008 14:10

Récit d'un Voyage à double Sens...

Récit d'un Voyage à double Sens...
Je cours. Je suis en retard. Je ne m'attarde pas sur les personnes qui courent près de moi. Ils sont nombreux, et à eux tous, ils pourraient m'engloutir d'un coup, d'un seul. Mes jambes me portent, elles connaissent bien la route à présent. J'en oublie ma frayeur à la vue d'un entassement de gens dans un même lieu, un spectacle aussi horrifiant qu'une araignée velue qui escalade mon épaule en se dirigeant vers mon cou... Je suis surpris de voir à quelle vitesse je traverse ce dédale de couloirs, à quelle vitesse je descends ces marches. Certains me regardent fixement, j'étais un autre fou qui ne sait pas prévoir ces voyages, qui préfère courir que de partir à point. Mais ils n'étaient pas étonnés. Le train est prévu pour 12h30, gare de Lyon, il est... 12h15 et je n'ai même pas encore pris mon billet. Je bouscule les passants, je ne respecte pas les règles de priorité du métro parisien, je double par la gauche, par la droite, j'oblige un couple à se désarçonner pour me laisser passer. Que de sacrilèges ! Mais l'heure est grave. Le signal sonore du métro retentit, je me jette dedans en faisant un saut périlleux doublé d'un saut en longueur digne de Carle Lewis. Le besoin a toujours été le moteur le plus performant de l'Homme, le désespoir son fuel. Je me vois encore, passer au ralenti cette porte qui se referme déjà... Ouf, j'ai encore une chance de ne pas rater mon train...

Je me tiens debout, agité, sur le plus grand carrefour de la ville. Bien en évidence, presque sur la voie, je saute, je crie, je hurle. J'ai la main tendu devant moi, le pouce pointé vers le ciel, et je ne tiens plus en place. Mon train part à 12h30, il est 12h15, et je n'ai même pas encore acheté mon billet. Le balayeur de rue me regarde amusé, ainsi que le concierge de l'immeuble d'en face, sa femme, ses enfants, le postier qui a stoppé sa tournée pour mieux apprécier le spectacle, un groupe de chômeurs confortablement installés sur des chaises en bois au coin de la rue, et même un chien batard semble se délecter de mon malheur. Un taxi s'arrête enfin, le chauffard me demande où je vais, je crie « A la gare, et vite, je suis en retard ». Il ne me laisse même pas le temps de monter qu'il m'annonce que c'est la fin de son service et qu'il rentre chez lui, à moins que la gare se trouve « on his way », il ne peut rien faire pour moi. C'est vrai qu'à 12h15, c'est l'heure parfaite pour passer le volant à son associé. Quel con ! Le manège reprend de plus belle, au milieu d'une douce fumée-vapeur, faite d'une délicieuse odeur de goudron humidifié par la pluie de la veille, d'une pincée de poussière mêlée aux déjections automobiles et d'un pétillant gout de déchets provenant de la poubelle la plus authentique et la plus pure. On appelle ça, l'odeur du pays, du « Bled » comme ils disent là-bas. Un grand Taxi se gare en diagonale devant le trottoir en ne manquant pas de m'écraser, il transporte déjà plusieurs personnes, quatre en tout. Le conducteur demande au passager de m'ouvrir la porte, et me demande ma destination. La gare, criai-je dans l'élan de mes cris antérieurs ! Cette réponse fut satisfaisante. D'un signe de la tête il m'invite à partager sa monture ! Une vieille femme en djellaba me regarde d'un air pitoyable, elle se pousse du côté opposé, écrasant le petit garçon qui avait déjà vu tout l'air qui lui était destiné par le partage divin, volé par cette grande masse de chair et de sueur. Je me place comme je peux dans le Taxi, et hésite à demander au conducteur d'accélérer, finalement je ne dis mot. Il démarre en trombe, omettant de regarder si quelqu'un arrivait sur sa gauche. Il double par la droite, par la gauche, fonce entre deux voiture qui avaient l'air de rouler tel un couple qui se tenait la main, et les forcent à se séparer. Je me dis qu'avec un peu de chance, j'en sortirais vivant, de ce taxi, et je raconterais cette aventure à mes petits enfants comme d'une aventure dans la jungle urbaine. Oh, il me suffira juste de remplacer les réverbères par des conifères et les voitures par des bêtes féroces. L'instinct de survie me fait omettre le soulagement d'avoir une chance de rattraper mon train.

A chaque station, le métro déverse un peu plus de sa charge humaine. Je scrute tout autour de moi les visages des passagers. C'est de ma nature de regarder les autres, de les dévisager. Comme à mon habitude, je ne vois que des bulles, transparentes, distantes. L'âme de chacun d'entre eux est bien cachée au milieu, heureuse de savoir que personne ne viendra violer cette intimité. Des écouteurs ornent d'une infinie grâce les oreilles des jeunes, des livres, des journaux ou simplement des prospectus sont les seuls ouvertures extérieures des esprits qui les lisent. Je me sens libre, libre grâce à leur indifférence. A une station, un mec se jette dans le métro, comme je l'avais fait précédemment, mais manque de bol, il reste bloqué entre les deux portes. A la vue de cet asticaud qui gigote, j'éclate de rire, d'un rire moqueur, froid, méchant. La présence se retourne vers moi d'un coup, d'un seul, et là oh effroi ! Je vois leurs yeux, leur bulle a éclaté, les volets ont été enlevés, la fenêtre s'est entrouverte... Je me tais, et je vois ces bulles se reformer, doucement, inévitablement. Douce nostalgie. Finalement, c'est à mon tour de descendre de cette monture mécanique, en partant je jette un dernier regard à ceux qui ont été, même pour un court voyage, mes compagnons. Je reprends ma course folle, il est 12h20, merde, plus que dix minutes, vite un guichet automatique. Il est connu que lorsqu'on veut quelque chose ardemment, celle-ci se refuse à nous. J'ai du désirer ma carte bancaire à ce moment là à tel point qu'elle se cassa tout net devant mes yeux. Je restais ébahi devant tant d'acharnement du destin contre une si petite créature que moi. Je cherche au loin une file d'attente, celle qui mène au guichet humain, là où on dit bonjour en arrivant et Merci en partant. La file est immense, et les fileurs farouches. Heureusement, il y en a une autre, plus vide, pour ceux qui comme moi sont loin d'être à l'heure pour leur train. « Départ dans l'heure » est marqué en grand sur une pancarte au-dessus de nos têtes, comme un avertissement à tous ceux qui voudraient abuser de l'hospitalité de Mme SNCF. Je me lance, je prépare le peu de billets que j'aie en poche, et ma carte 12-25, et la carte Smiley, et un justificatif d'âge, de domicile, et de voyage...etc. Je retire mon billet à la hâte, en jetant un « au revoir » dans l'immensité presque vide de la gare, et je m'attèle à chercher la voie occupée par mon train. Billet composté, wagon trouvé, place prise ? Ce n'est pas grave j'en prendrai une autre, non je rigole, je demande à la dame de bien aller se faire voir ailleurs, avec le sourire. Je jette ma veste sur la minuscule étagère au-dessus, et je m'assois. Je fixe la montre de la gare. La grande aiguille s'apprête à rejoindre le point de départ vers une nouvelle minute. Il est 12h30, le train démarre.

Aggggghhhhhhhhhhhh, la densité automobile sur la place devant la gare est supérieure à 1. Le Grand Taxi abandonne l'idée saugrenue de me déposer juste devant l'entrée, et moi j'ai pris l'habitude de me faufiler entre les voitures, en traversant les routes, en marchant au beau milieu d'eux, ce sont mes amis, mes camarades de galères, ils me connaissent, et ma peau a appris à les connaitre. Mes camarades klaxonnent à mon passage, comme pour saluer ma venue. Merci les gars, mais là je suis pressé... Une longue file faite d'Hommes et de bagages, et parfois même d'animaux se découvrent devant moi. Il n'y a que deux guichets, et l'attente est longue. Un contrôleur vient taper la discute avec moi. J'apprends que le train n'est pas encore arrivé en gare, bien que ce soit le terminus du train. Je regarde ma montre, 12h25. J'essaie de me rassurer en me disant que tous ces gens là prennent le même train, puis je me rends compte qu'il y en a beaucoup trop, et qu'il ne restera plus de places. My God ! Une longue journée en perspective. Je m'évade en pensant aux doux moments que j'ai passés dans cette ville ocre, mes amis, mes amours. Je me rends compte que je n'ai plus que des amis ici, quant aux amours, loin des yeux loin du c½ur... Un homme me bouscule violemment, et me dis qu'il était là avant. Mes reflexes de gentleman disparaissent d'un coup, un seul. Je le repousse, et je pense à l'autre chauffard de tacos, et me dit autant me défouler sur celui là. Alors je lui crie dessus, avec autant de rage que quelqu'un qui vient d'être privé de son droit à la parole. Il se ravise, revient sur ces pas, ses intentions n'étaient donc pas très pacifiques. C'est mon tour à présent, je dis un bonjour tronqué par les cris du contrôleur qui annonce le départ du train. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Je sors mes billets de banques, je paie, et prends mon billet. Je lance un « au revoir » dans l'exiguïté bondée de la gare. Il n'y a pas de panneau électronique, enfin si, il y en a un, mais il est en panne. Et franchement le besoin d'un tel outil technologique est limitée, quand on sait qu'il n'y a qu'une seule voie d'ouverte en même temps. Il faut vraiment le faire pour se perdre. Je cours, mais d'abord il faut que le contrôleur check mon billet, une sorte de compostage humain et visuel. Je cours pour trouver une place, et abandonne ma recherche alors que le maitre de gare me somme de monter avant le départ. Je me retrouve debout, bloqué entre les seins d'une vieille dame et un gosse qui n'arrêtait pas de gigoter. Je tente quand même de sortir ma main et regarde ma montre. Il est 13h30, le train démarre.

Je me love dans mon siège. Je manque de sommeil, et en plus j'ai faim. Heureusement, je ne me trouve pas loin du wagon restaurant, juste au milieu de la rame. Je me lève en laissant ma veste sur le fauteuil, et me dirige d'un pas décidé vers les marches qui mènent au niveau supérieur. Un gros bonhomme dort paisiblement, la bouche ouverte, la tête en arrière. A côté de lui, une femme essaye de lire son bouquin, mais semble plus intéressée par les paysages verdoyants qui s'offrent à elle à travers la vitre. Je les dépasse, et là un mec, visiblement journaliste est en train de s'exciter sur son ordinateur. Il parie en ligne sur les courses de chevaux, en ligne, à quelques kilomètres de Paris. Tous à coup, il ferme violement son portable, plus de connexion et il n'a pas eu le temps de parier, putain de SFR. Un journal, Paris Turf est ouvert bien grand sur ces genoux. Il le ferme et mets des écouteurs qu'il relie à l'ordinateur. Un bon film le calmera surement. Je monte les marches, et au milieu des sièges, une jeune femme me demande de la laisser passer, elle a une envie pressante de faire pipi. Elle me rappelle que moi aussi j'ai envie. Les toilettes ne sont plus très loin. Propres certes, mais surtout garnis de papiers en tout genre. Je me dis qu'il est agréable de chi.. dans cet endroit. J'arrive enfin au resto me commande un sandwich et revient m'asseoir. Je me demande avec amusement comment le prendrai la femme à côté si je lui en proposais un peu. Tentative d'empoisonnement ? Peut-être même acte terroriste ? Je me ravise et décide de tout garder pour moi. Une fois le sandwich fini je m'enfonce dans mes rêves, et rêve de cieux plus cléments.

Il fait beau et la vue est dégagée. J'essaie de trouver un endroit où je pourrais m'accroupir sur le sol, sans trop gêner personne. Je manque de sommeil, et j'ai faim. Malheureusement, le marchand de sandwich, de sodas et autres petites gâteries est encore loin. Eh oui, je suis au centre de la rame, et lui commence son cheminement par le bout. De toutes les manières, je ne vois vraiment pas comment il pourrait faire pour se frayer un chemin entre ces corps éparpillés et ces jambes décortiquées. Je prends mon mal en patience donc, et je me décide d'aller trouver une place ailleurs. Je me faufile entre bagages et corps inanimés, et j'aperçois ce gros bonhomme qui dort d'un sommeil agité à force de remettre en place la veste qui lui sert de coussin, la bouche béante vers le ciel, la tête sur le coté. Accroupie à côté de lui, une femme qui essaie de tenir en laisse ses rejetons qui n'arrêtent pas de crier partout. Un homme, bien habillé, semble agacé par le bruit, et commence à s'énerver. Comme un lion en cage, il va et vient en grognant de temps en temps du côté des enfants. Il finit par s'asseoir, prend son journal et l'ouvre violement, l'actualité des politiques véreux lui parait telle une bouffée d'air frais à un prisonnier politique qui n'a fait que valoir ses droits. Je regarde par la fenêtre, tout autour de moi, mes sens sont excités. L'odorat surtout. Je demande ce que c'est, on me dit que c'est normal, et que nous sommes en train de passer à côté d'une déchetterie à ciel ouvert. Hmm, mon appétit et ma faim en prennent un coup, et un coup fatal. Au loin, dans le couloir, une jeune femme sort de son wagon et se dirige vers moi. Je lui demande si sa place est libre, elle me répond qu'elle allait juste aux toilettes, mais que si je voulais, il y avait un bout de place pas très large dans un coin du wagon. « On se serra ». Je la remercie, et je me rappelle que moi aussi j'ai envie. Finalement je lui ouvre le passage vers les toilettes et me bats pour lui ouvrir la porte, en écartant les gros bagages posés juste devant, et en priant le jeune homme qui était adossé dessus de bien vouloir la laisser entrer. Sales, mais avec quand même un rouleau de papier Q, je me dis qu'on est bien content de trouver un endroit où chier, à défaut de le faire dans les wagons. De toute façon, avec l'odeur de la déchetterie... Je vais m'asseoir dans le compartiment, là on me propose un bout de pain et de la limonade, je ne refuse pas. Je mourrai bien plus rapidement à cause de cette puanteur qu'à cause d'un empoisonnement quelconque... Je parle un peu avec les personnes présentes, et finalement m'endort paisiblement. Je rêve d'une bonne tanjia bien huileuse, et cette odeur envahit mes narines.

Le TGV court à quelques 300 km/h. On arrive à bon port en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. A 10 min encore de l'arrivée, les gens commencent à ranger leurs affaires. Une petite voix, celle-là même qui nous avait souhaité un bon voyage nous annonce l'arrivée, et nous souhaite une bonne journée, un joyeux noël et même joyeux anniversaire si tu veux. J'attends que le train soit immobilisé, et tel un lamantin, je me lève lentement de mon siège, presque dégoûté d'être arrivé si vite. Je descends de la rame, cherche la sortie en pensant à tous ce qu'il me reste à faire avant la rentrée des cours. Je descends les marches... Déménagement, inscription, cantine... La gare est bondée... papier de la préfecture pour cette p.... de carte de séjour... On m'agrippe par l'épaule... J'ai pensé trop fort ? On me plaque contre le mur... Il n'est pas seul, ils sont deux... La tête qui tourne d'avoir trop dormi... Une haleine de chien et un moral de chacal... « Police, control ». Je les regarde hébété, j'ai du penser trop fort... J'oubliais que je n'étais pas chez moi...

Le Train roule à 2 à l'heure. Je suis sur que si je courais à côté, j'arriverai plus vite. Et en plus, ça me permettrai de perdre ce ventre qui me boudine dans ma chemise. Mes jambes me font mal, à force d'aller-retour pour respirer de l'air frais dans le couloir, juste à côté du mec qui lit son journal en fumant sa clope. Je demande aux habitués si nous sommes loin de casa-voyageurs. C'est l'arrêt d'après apparemment. Je me lève de mon banc, presque soulagé que cette terrible souffrance touche à sa fin. La tanjia refait surface dans mon imaginaire, et mes papilles salivent. D'un mouvement saccadé qui romprait le dos d'un vieil homme, le train me berce. Une envie de rejet de la nourriture ingérée plus tôt s'empare de moi. Encore un petit moment, retiens-toi. Le train s'arrête enfin, et je descends en courant sans savoir par où se trouve la sortie. Mon corps ne pouvait pas en supporter plus. Mes habits sentent la sueur des autres, la puanteur du train. Je sors précipitamment de la gare, et là je fais une pause. Je regarde le ciel radieux de ce mois de septembre, les voitures qui n'ont pas arrêté leur ballet automobile, les passants qui n'ont pas arrêté le flux humains dans les rues, les passants qui n'ont pas stoppé leurs cris qui résonnent à travers les âges. J'esquisse un sourire radieux : « On est pas bien chez soi ?»
A peine le temps de finir cette phrase, que je vois un Taxi qui vient de déposer un voyageur à la gare. Après un profond soupir, je retiens ma respiration et me lance à sa poursuite en hurlant : « Taxi, taxi !!! ».

To be continued.
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# Posté le jeudi 06 septembre 2007 04:58
Modifié le jeudi 06 septembre 2007 05:49

Law and Justice

Law and Justice
Une petite question me taraude!
Pourquoi les Hommes cherchent-ils absolument à donner à leurs actes des relents de totalité?

Law and Justice, Justice and Laws... Pourquoi on appelle les Gardes des sceaux des ministres de la Justice? Quelle Justice? Qu'est-ce que la Justice? Et surtout la Justice de qui?

"Ministre de l'application des lois" serait plus approprié, "ministre de l'application des peines" serait plus pertinent, ou encore "Ministre du maintien de l'ordre sociétaire". Du coup l'on comprendrait mieux le rôle de chacun, le juge est là pour appliquer, le ministre pour réguler, les avocats pour défendre, mais tous suivent les mêmes règles, celles qui régissent la société, les lois quoi...

La justice humaine est imparfaite, par définition elle ne fait pas justice. Elle est donc inapte à convaincre de cela, et à partir de là, la justice est bien au delà du ministère, elle est concept total, moral et divin.

Certes les lois tendent à paraitre justes, pour la seule bonne raison qu'il existe deux façons de faire régner l'ordre : la dictature de l'injustice, qui a montré ses limites, et l'apaisement de la société. La seconde consistant à faire croire à tout un chacun qu'il est de l'ordre des choses de vivre comme on le fait.

Voilà, le fait est que la justice des Hommes n'est pas justice. Que chaque âme lésée au delà de l'ordre moral se fasse justice est normal, que les Hommes veuille l'en empêcher est compréhensible. Que chacun sache ce qu'il a à perdre, et surtout ce qu'il a à gagner.

« La justice est ce qui est établi ; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées, puisqu'elles sont établies. »
Blaise Pascal


« Les bons sont meilleurs que les justes. »
Victor Hugo

« Contrairement à ce qui est dit dans le Sermon sur la Montagne, si tu as soif de justice, tu auras toujours soif. »
Jules Renard
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# Posté le dimanche 07 décembre 2008 18:13

De la théorie des Instincts

Il me semble que l'homme est régit par 3 vérités : son instinct de conscience, son instinct de vie et son instinct de survie (ou instinct de mort). L'ordre de l'énoncé de ces instincts est aussi important que les instincts en soi, et si nous considérons que le premier est bien plus noble que les suivants, il faut dire, indéniablement, que l'instinct de survie est et doit être le plus fort en chacun de nous.
Ces 3 balles sont celles avec quoi tout un chacun jongle tous les jours, et, si nous relativisons un peu les choses, tout un chacun n'a pas le même sens des principes, la même volonté de profiter de la vie, ni les mêmes réactions face à un danger mortel. Voilà tout ce qui fait les différences d'opinion, les disputes violentes et les ententes méta-physico-chimique. Voilà la vraie raison de l'existence des malade mentaux et des génies, des croyants et des athées, des monstres et des héros.
Je dis que tout est finalement question de dosage, et qu'un gréviste de la faim a tourné à fond son bouton "instinct de conscience" et remis à zéro les deux autres, au moins pour un moment.
Nous avons tous un certain penchant pour l'un ou l'autre des instincts. Nous avons tous en nous un certain déséquilibre qui fait que nous sommes ce que nous sommes. Conscients ou pas, volontairement ou pas. Mais ce déséquilibre est encore plus marqué dans l'esprit des grands esprits.
Ainsi, Ghandi a définitivement laissé l'instinct de conscience prendre le pas sur sa propre survie, nous donnant une incroyable leçon de sacrifice de soi. Baudelaire lui a plutôt privilégié les joies de la vie et a donc produit des ½uvres que seul lui, conscient de la vie, pouvait écrire. Concernant le dernier instinct, nous en sommes tous doté à très forte dose. Demandez vous seulement si vous auriez autant envie de fumer dans une salle de torture. Ou est-ce que vous seriez aussi loyal envers une autorité que vous reconnaissez comme légitime si elle venez à vous condamner injustement.

Etre grand, c'est connaitre son déséquilibre.
De la théorie des Instincts
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# Posté le mercredi 03 décembre 2008 10:52
Modifié le jeudi 04 décembre 2008 04:48

The Man From Earth

The Man From Earth
Un film très surprenant à regarder seulement une fois :>, mais à regarder quand même !
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# Posté le mercredi 03 décembre 2008 09:38

"Et s'il n'en reste qu'un, je serais celui-là !"

Je déteste les blogueurs.

"Victime d'une schizophrénie aigüe, zeboukal décide de réouvrir les portes de son blog."
Un blog maladroitement entretenu, un blog pathétique où la volonté d'écrire pour soi va bien au delà de celle de partager des idées.
J'essaie d'arrêter la cigarette, et le seul moyen de m'en empêcher est de recommencer à écrire. La pause a bien assez durée, et le mensonge trop longtemps entretenu.
"C'est dans l'optique de dénonciation de cette hypocrisie obscène que zeboukal réécrit aujourd'hui!"
Chercher son regard à tout coin de rues, baver devant des paroles trop bien prononcés, des arguments trop bien tournés. Assez!
"J'irai chercher [...] avec les dents" comme a dit le petit autre.
"Mon amour, mon amour, j'aurais le mal de toi"

Alors qu'il suffirait simplement de succomber pour combler.
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# Posté le dimanche 30 novembre 2008 08:43
Modifié le mercredi 03 décembre 2008 10:53